Xylème

Xylème
Cet arbre majestueux qui chaque matin se dresse devant moi m’intrigue. Sous la couverture de glace qui l’enveloppe, il accuse les rafales contradictoires du vent du nord, il résiste, retient son souffle. Xylème sommeille en lui, immobile, empli de la mémoire du temps qui s’y est inscrite. Dans les creux de son écorce, le vent aura bien déposé quelque souffle rapporté du monde, et la brume avec elle quelque poussière d’étoile trop légère. Refuge ou borne de rut, l’arbre aura aussi été imbibé de la sueur de l’homme, douce ou acide.
Les empreintes que j’ai relevées avec un mélange charbonneux traduisent ce que cet arbre aurait à nous dire… comme un reflet dans un désert blanc.