A hauteur d’homme

A hauteur d’homme
Recueillir au fil des jours l’infiniment petit, piétiné, ignoré, dédaigné, balayé, ramasser à même le sol les morceaux fragiles de ce qui a dû être une fleur et qui se décompose, observer de très près ces bouts de nature écorchée, dans leur état éphémère de lente transformation. Dans ce qui paraît mort, écrasé, déchiré, la vie encore, en état de gestation.Passage de l’état d’inertie au processus de germination. Mouvement, transformation, éclosion. Figer par l’image un état choisi de cette mutation. Dans la singularité de ces états, apparaissent des similitudes, des correspondances. Je redimensionne à hauteur d’homme de tout petits éléments organiques qui sont d’une taille égale entre eux et qui pèsent peu dans la paume d’une main. Je cherche à « révéler l’aura d’un objet naturel, comme l’unique apparition d’un lointain, si proche soit-il » (Walter Benjamin). Des portraits, en quelque sorte.